La propreté, l'affaire de tous

Près de 900 agents du nettoiement parcourent chaque jour les rues de la métropole pour rendre l’espace public propre et accueillant. Leurs tournées mettent en lumière les défis auxquels ils font face : détritus, dépôts sauvages récurrents, sollicitations des usagers et incivilités. Immersion avec une équipe dans le 1er arrondissement de Lyon.

  • Déchet

Chaque matin, tout recommence. « On repart d’une page blanche tous les jours pour embellir l’espace public et le rendre plus agréable aux usagers », explique Amar, agent au sein du service Nettoiement dans le 1er arrondissement. 

Avec lui, c’est une équipe composée de César, Amir, Bagdad et Stéphane qui part à l’assaut des rues du centre de Lyon, armés de leurs chariots, pinces, balais et pelles. Ils sont secondés par un petit camion benne et une balayeuse pour les trottoirs et les places. Dans leur viseur, détritus en tous genres, canettes, papiers, plastiques, mégots mais aussi déjections canines, reflux humains, encombrants et tags. 

Ce lundi de novembre au petit matin, sous une fine bruine, ce ne sont pas les déchets laissés à terre par les passants qui jonchent le plus l’espace public, mais les feuilles. « Et oui, c’est l’automne, il y a des feuilles », relève Okba Djaalab, responsable de secteur. Son sourire en dit long tant les gens s’étonnent parfois que les feuilles tombent à cette période. Ce jour-là, la météo maussade du week-end a limité la présence de détritus sur l’espace public. « Dans l’ensemble, c’est propre ce matin, constate Amar. C’est essentiellement des feuilles à ramasser. » En poste depuis 2015, il s’affaire sur les marches le long de l’opéra. Les feuilles sont ensuite mises en sac puis ramassées par le véhicule du prestataire chargé de vider les corbeilles de rue et d’évacuer les dépôts d’encombrants. « Le 1er arrondissement est un secteur particulier, très festif et très exigeant sur la propreté. Les gens pensent souvent qu’on peut effacer la nuit en une demi-heure », souligne Christian Butchacas, responsable de la subdivision Nettoiement Centre Ouest. 

Ces dernières années, un nouveau type de déchets est apparu. « Les bonbonnes de protoxyde d’azote sont un vrai fléau parce qu’il n’existe pas de solution de recyclage et que leur traitement est extrêmement coûteux, relève-t-il. Depuis le début de l’année, sur notre secteur, six tonnes ont été ramassées. »

Chiffres clés

  • 1 170 agents au service Nettoiement dont 900 sur le terrain
  •  13 000 corbeilles de rue sur le territoire 
  • 300 véhicules de nettoiement

Neuf millions de mètres carrés de trottoirs

Dès six heures, la petite équipe sillonne le quartier, de la rue Gentil au bas des pentes de la Croix-Rousse, depuis l’un des quatre dépôts de l’arrondissement. Une deuxième équipe de six agents prend en charge l’autre partie du 1er arrondissement, sur les pentes et les quais de Saône. Tous font partie de la subdivision Nettoiement Centre Ouest, l’une des six à s’occuper de la propreté des espaces publics dans la métropole de Lyon (voir encadré). 

Qu’il pleuve, qu’il neige ou en pleine canicule, 900 agents métropolitains sillonnent les quelque neuf millions de mètres carrés de trottoirs. L’équipe est secondée dans l’après-midi par une relève jusqu’à 19 heures, week-ends et jours fériés inclus.

 Sur les quais de Saône, c’est le Goupil, un petit camion benne, qui est mobilisé avec deux agents pour rendre les quais aux joggeurs et promeneurs. Il y a quelques semaines, il avait fallu faire appel à une laveuse de trottoir pour effacer les traces de la crue de la Saône. « Il y avait plusieurs centimètres de boue à enlever pour assurer la sécurité des passants », note Okba Djaalab.

Le nettoiement des espaces publics dans la métropole

Avec 3 500 kilomètres de rues, « l’entretien de l’espace public découle de la compétence voirie de la Métropole en lien avec les municipalités qui détiennent le pouvoir de police en matière de salubrité », rappelle Nathalie Durieux, responsable du service Études et stratégies à la direction adjointe Voirie et propreté. 

Divisée en six subdivisions, l’organisation de la propreté des espaces publics est ordonnée selon trois modes d’intervention : en tout régie (gérée directement par la Métropole), mixte et privée (réalisée par des entreprises). 

Sur certains secteurs, des dispositifs de propreté globale sont mis en œuvre, avec un intervenant unique sur les espaces publics métropolitains, ainsi que sur les espaces municipaux ou privés conventionnés avec la collectivité. Ainsi, le secteur de la Confluence bénéficie d’un mode d’intervention en tout régie, alors que les quais de Saône sont pris en charge par une intervention mixte. « Le tout régie ou le tout entreprise apporte une souplesse d’organisation avec un prestataire unique », note Christian Butchacas.

Au service des usagers

Chaque jour, les équipes gèrent aussi les demandes qui émanent de Greco, le point de contact des habitants avec la Métropole, qui fait remonter les sollicitations des usagers aux différents services.

 Ce jour-là, quatre demandes ont été faites durant le weekend. Parmi elles, un dossier récurrent dans le quotidien d’Okba : un dépôt sauvage sur un trottoir, non loin de la place Sathonay. « On est confrontés à énormément de petits dépôts d’encombrants de la part de riverains », explique-t-il. Las, il résume : « On a une résidence qui ne met plus de bacs à ordures, entraînant des dépôts sur le trottoir. C’est un problème difficile à endiguer. On peut parfois identifier l’origine et la police municipale verbalise. Mais c’est de plus en plus délicat. » 

Bien que le poids des déchets collectés issus des dépôts sauvages ait reculé de 23,3 % entre 2019 et 2024, la Métropole a récemment lancé un service de collecte des encombrants sur demande, quelques mois après la création d’un service d’enlèvement de l’électroménager à domicile. Parfois, c’est un commerçant qui sollicite directement l’agent de maîtrise. Ce jour-là, il reçoit une demande pour nettoyer une place au laveur haute pression devant des commerces. Une proximité et un relationnel à entretenir chaque jour avec les riverains.

Faire face aux incivilités

Sur la place Gabriel-Rambaud, Amir et César continuent leur tournée et s’attaquent au nettoyage devant le lycée la Martinière, avant l’arrivée des élèves. « Le plus frustrant, c’est de recommencer de zéro, retrouver son secteur sale alors qu’on l’a nettoyé la veille. On trouve beaucoup de déchets qui méritent d’aller à la poubelle », relève Amir, cantonnier depuis trois ans, après avoir été éboueur.

L’occasion de les interroger sur leurs ressentis face aux incivilités dont ils peuvent faire l’objet. « Depuis le Covid, on remarque des comportements agressifs ou irrespectueux. Ça peut parfois être compliqué à cause de tensions avec les habitants mais ce n’est pas toujours le cas. Il y a aussi des gens qui nous remercient ou nous souhaitent bon courage », résume Okba Djaalab. 

Au terme de sa journée, l’équipe aura rendu un peu de sa superbe aux rues du 1er arrondissement. Pour repartir d’une feuille blanche, dès le lendemain.

Services associés

Gestion au quotidien

Eau, nettoiement, déchets... La Métropole de Lyon gère des services de proximité essentiels pour garantir, au quotidien, le confort de vie de chacun.

Dernière mise à jour le 5 janvier 2026

Sur le même sujet

Haut de page