Grande Porte des Alpes

À cheval sur les communes de Bron, Chassieu et Saint-Priest, le territoire de la Porte des Alpes fait l’objet d’une grande réflexion urbaine pilotée par la Métropole de Lyon.

À retenir

  • La Grande Porte des Alpes est un secteur important à l’est de Lyon, avec des zones universitaires, commerciales, industrielles, agricoles, Eurexpo ainsi que l’aéroport de Lyon-Bron.

  • Le projet vise à réinventer ce territoire pour en faire, à l'horizon 2050, un lieu de vie écologique, accessible et attractif, en tenant compte des enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

  • Des travaux sont en cours pour améliorer le campus universitaire (nouveaux logements, espaces publics, transports et équipements). D’ici 2029, la ligne de bus à haut niveau de service Part-Dieu - Sept Chemins, actuellement en travaux, sera prolongée jusqu’à Parilly. Cela permettra de rejoindre Vénissieux via Bron, Chassieu et Saint-Priest.

  • Depuis 2022, plusieurs équipes travaillent avec les habitants, entreprises et élus du secteur pour imaginer un futur respectueux de la nature, de l’habitat, de l’économie et des mobilités.

Le futur s'invente ici

Un territoire stratégique de l'est lyonnais

Située à cheval sur Bron, Chassieu et Saint-Priest, la Grande Porte des Alpes est un espace emblématique de l’est de la Métropole de Lyon. Sur 1 350 hectares, il accueille près de 350 entreprises et environ 13 000 emplois, répartis entre zones industrielles (Mi-Plaine), tertiaires (Parc du Chêne, Parc technologique) et commerciales.

On y trouve des équipements d’envergures nationale et métropolitaine comme :

  • l’aéroport d’affaires Lyon-Bron ;
  • le parc d’exposition Eurexpo (deuxième de France) ;
  • le campus de l’Université Lyon 2 ;
  • de grandes infrastructures routières (A43, BUE)
  • de vastes espaces agricoles et naturels tels que la plaine du Biézin, le parc de Parilly et la forêt de Feuilly.

Malgré ces atouts, le territoire souffre d’un développement fragmenté, d’une faible desserte en transports en commun et d’une image de « territoire au service » plus que de lieu de vie, avec seulement 5 840 habitants.

Trois grands défis à relever

En été, les zones urbanisées de la Porte des Alpes se transforment en véritables îlots de chaleur. 

De plus, les espaces verts peu arborés et une agriculture majoritairement céréalière encore peu adaptée aux réchauffement climatique, tendent à renforcer cette chaleur avec des couverts végétaux ras ou inexistants. 

Ce territoire périphérique augmente ainsi l’effet de chaleur du reste de l’agglomération en période estivale. La nappe phréatique de l’est lyonnais, ressource indispensable pour l’avenir du territoire (captages d’eau potable, irrigation…) est également fragilisée par l’occupation en surface et le changement climatique.

Depuis plusieurs décennies, le développement urbain de l'agglomération lyonnaise s’est poursuivi toujours plus vers l’est. Ce mouvement a entraîné une forte dépendance à la voiture, un éloignement entre les lieux de vie et d’emploi, ainsi que des secteurs urbanisés parfois lâches et isolés. Il s’agit désormais d’inventer un modèle de développement métropolitain plus équilibré et mieux connecté.

Le territoire doit se projeter dans l’avenir en prenant en compte les profondes transformations de nos façons d’habiter, de travailler, de consommer et de nous déplacer, afin de rester attractif et adapté aux besoins de demain.

Une consultation internationale pour imaginer 2050

En 2022, la Métropole de Lyon a engagé une consultation internationale d’urbanisme afin de repenser l’avenir de la Grande Porte des Alpes à l’horizon 2050. Trois équipes pluridisciplinaires (Lafayette, 51N4E, Devillers & Associés) ont travaillé sur les enjeux économiques, écologiques, agricoles, de biodiversité et de mobilité.

Plus de 300 acteurs locaux ont participé à une série de séminaires, visites, expositions et conférences publiques :

Les objectifs sont de croiser les regards, stimuler l’imagination et ouvrir de nouvelles perspectives pour un territoire plus habitable, attractif et résilient dans l’avenir.

Pour aller plus loin

Retrouvez le hors-série de la revue Urbanisme consacré à la démarche et l'ouvrage de Sylvain Grisot dédié à la Grande Porte des Alpes (disponible sur dixit.net et en librairie).

Trois visions pour inspirer l'avenir

Les scénarios construits entre 2022 et 2023 par les équipes ne constituent pas un projet arrêté, mais offrent des pistes concrètes et contrastées pour nourrir le débat et imaginer ensemble les évolutions possibles.

L’équipe Lafayette propose de freiner l’expansion vers l’est en recentrant le développement sur un axe nord-sud traversant la Porte des Alpes. Cet axe, structuré par de nouveaux transports collectifs et un réseau de mobilités douces, s’accompagnerait d’un parc linéaire et d’une dynamique d’intensification des espaces économiques et résidentiels. L’objectif est de créer une véritable colonne vertébrale urbaine où se mêlent habitat, emploi, services et nature, afin de transformer un territoire de périphérie en nouvelle polarité métropolitaine.

Voir le rapport final

Face à la vulnérabilité climatique et à l’adaptation nécessaires des grands équipements, l’équipe 51N4E imagine un ensemble d’actions concrètes :

  • désimperméabilisation massive des sols ;
  • mutualisation des espaces industriels ;
  • transformation de certains parkings en jardins de pluie ;
  • intégration d’espaces publics végétalisés dans les zones d’activités.

Ces interventions visent à rendre le territoire plus habitable d’ici à 2050, à renforcer la biodiversité et à accompagner la transition vers une économie plus sobre en ressources tout en régénérant les secteurs urbains parfois vieillissant.

Voir le rapport final

L’équipe Devillers&Associés imagine une grande trame boisée et agro-bocagère maillant l’est lyonnais, conçue pour atténuer la chaleur, protéger la nappe phréatique et soutenir une agriculture adaptée au climat futur. 

Cette infrastructure climatique vise aussi à réactiver le petit cycle de l’eau, en favorisant l’infiltration des pluies dans les sols et l’évapotranspiration des végétaux, afin de maintenir l’humidité et de réguler localement le climat. 

Elle ne se substitue pas aux usages existants mais s’insère dans le tissu urbain, les zones économiques et les espaces agricoles, en les adaptant progressivement. L’enjeu est d’intégrer la nature comme un élément structurant de l’aménagement et du fonctionnement du territoire, au même titre que les routes ou les réseaux techniques.

Voir le rapport final

De la prospective au projet

Après ce travail prospectif, la Métropole de Lyon souhaite passer au projet pour une mise en œuvre progressive de certaines propositions et lance plusieurs réflexions :

  • Comment accueillir de nouvelles constructions et nouvelles entreprises sans artificialiser les sols ?
  • Comment transformer les zones commerciales en véritables quartiers à vivre ?
  • Comment diversifier les zones tertiaires grâce à de nouvelles fonctions et rendre ces espaces plus mixtes ?
  • Comment déployer l’infrastructure climatique arborée tout en maintenant les activités existantes dont l’agriculture ?
  • Comment faire émerger un modèle d’urbanisme conciliant nouveaux transports en commun, parc linéaire et intensification urbaine ?

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