L’eau potable pour les habitantes et habitants de la métropole de Lyon repose principalement sur la nappe d’accompagnement du Rhône depuis le champ captant de Crépieux-Charmy, le plus important en Europe. Une eau de très bonne qualité distribuée à une majorité des Grands lyonnaises et Grands lyonnais.
Afin d’assurer la ressource en eau potable sur le territoire de la métropole, ce sont près de 220 000 mètres cubes qui sont nécessaires chaque jour, soit l’équivalent en volume de la tour Part-Dieu, surnommé « Le Crayon ». Cette eau, naturellement potable transite par l’usine de Croix-Luizet, point de départ du réseau de distribution.
Cependant il y a un hic ; en cas d’incident sur ce champ captant ou le Rhône, une solution alternative doit prendre le relais rapidement. Et c’est le rôle de l’usine d’eau potable de la Pape à Rillieux-la-Pape qui traite l’eau du lac des Eaux bleues de Miribel-Jonage et qui demeure la seconde ressource en eau potable de la métropole de Lyon.
Une usine de secours construite en 1989
En cas de problème sur le captage principal, c’est donc l’usine de la Pape qui prend le relais pour alimenter le territoire. Construite en 1989, cette usine de secours est aujourd’hui en capacité de produire 75 000 mètres cubes d’eau potable par jour, contre 150 000 initialement. Elle ne répond donc plus à la demande.
Débutés en novembre de l’année dernière, les travaux de sécurisation et de diversification de la réserve en eau se termineront fin 2027, pour une mise en service début 2028. Le montant total de l’opération s’élève à 64 millions d’euros. Il ne s’agit pas ici d’augmenter la production mais bien de retrouver une capacité adaptée. Des difficultés qui sont dues essentiellement à l’eutrophisation de l’eau (altération de la qualité de l'eau) du lac sous l’effet du dérèglement climatique et des différents usages.
Produire dix fois plus d’eau potable en seulement trois heures
Cette rénovation importante porte sur plusieurs objectifs dont la capacité de passer d’une production d’eau de 15 000 mètres cubes à 150 000 mètres cubes en trois heures, tout en traitant les micropolluants que sont les pesticides et autres Pfas. Une fois ces travaux terminés, l’usine pourra également rendre potable une seconde ressource en eau, celle de la Saône.
La construction de bâtiments de clarification et de traitements des eaux sales sont prévus. Dans deux ans, l’usine fonctionnera tous les jours à 10 % de sa capacité contrairement à aujourd’hui où elle est en activité deux jours par semaine.