Les unes après les autres, elles arrivent avec un point commun, le sourire. Dans une des salles du centre social Jean et Joséphine-Peyri, à « Vaulx-en-Velin sud » comme disent les Vaudais, ces femmes âgées de 13 à 56 ans se retrouvent tous les mardis et jeudis soir pour des cours de boxe.
Mais ici, pas de combat, des touchés épaule, quelques échanges sur cibles avec les mains. « On leur apprend les fondamentaux de la discipline. La boxe c’est un peu l’escrime des poings, c’est l’art de toucher sans être touché », prévient Newfel Ouatah, six fois champion de France, dans la catégorie poids-lourd, excusez du peu.
Celui qui a également obtenu une cinquième place aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008 est le fondateur du club Pugilistik’. Mais c’est bien Myriam, ancienne boxeuse professionnelle, qui entraîne les filles, un créneau ouvert il y a trois ans et qui ne cesse de séduire : « J’aime bien varier les séances. Aujourd’hui on va travailler pendant 30 minutes le renforcement musculaire en faisant du step. Je mets de la musique, ça nous aide. Et ensuite on allongera des directs, on fera de la boxe pendant une trentaine de minutes. »
Pas de compétition, seulement du plaisir
Le club veille à accueillir des femmes au revenu modeste avec des tarifs préférentiels. Aujourd’hui, elles sont une vingtaine à être inscrites. Une autre plage horaire devrait ouvrir en matinée en ce début d’année. « Elles apprécient particulièrement la liberté de pouvoir bouger et s’exprimer avec leur corps sans être jugées. Il y a également un rôle social très important », ajoute Myriam.
Sabrina avoue qu’elle a rejoint le club de boxe d’abord « pour des raisons d’insécurité et pour retrouver confiance en moi. Ça permet aussi de sortir du schéma de mère au foyer et de me libérer de la charge mentale. Ici, on est nous, on n’est pas jugées et l’ambiance est très détendue ».
École de boxe pour les enfants
Pugilistik’ propose aussi des cours pour la compétition, ainsi qu’une école de boxe pour les enfants. « Sur ce volet, nous avons une majorité de filles. On souhaite également ouvrir la boxe aux personnes en situation de handicap », précise Newfel Ouatah.
Dans ce club qui compte 80 licenciés, c’est une femme qui porte ses couleurs sur la scène nationale. Laetitia Delin, 36 ans et qui a débuté la boxe il y a seulement trois ans, est dans le top cinq français. Elle viendra suppléer Myriam pour les cours et ainsi continuer de développer cette demande de plus en plus forte de pratiquer la boxe chez les femmes.