La prévention de la pollution aux PFAS

Face à cette pollution qui impacte particulièrement les habitants, la ressource en eau et l’environnement du sud du territoire, la Métropole de Lyon a adopté un plan d’actions pour limiter l’impact de certains composés chimiques synthétiques.

À retenir

  • Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) se retrouvent dans de nombreux produits de consommation courante, comme les textiles, les emballages alimentaires, les ustensiles de cuisine antiadhésifs, les vêtements imperméables ou déperlants…
  • Le sud de la métropole de Lyon fait partie des sites les plus contaminés d’Europe.
  • Pour combattre cette pollution, la Métropole de Lyon met en place des actions (suivi de la pollution, études de la santé des populations, accompagnement des entreprises, implication des communes et des citoyens…).

Que sont les PFAS ?

Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) sont des composants chimiques fortement utilisés dans l’industrie. Notamment, pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et de résistance à la chaleur. On les retrouve dans de nombreux produits de consommations courantes : textiles, emballages alimentaires, ustensiles de cuisine antiadhésifs, mousses anti-incendies, vêtements imperméables ou déperlants, etc.

La présence de PFAS se retrouve dans les sols, les milieux aquatiques, les plantes, l’air. Le sud de la métropole de Lyon fait partie des sites les plus contaminés d’Europe.

Leurs effets sur la santé sont nombreux et pour certains documentés : augmentation du taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement du fœtus, hypertension, obésité... Ils sont également suspectés d’interférer avec les systèmes endocrinien (thyroïde) et immunitaire et font l'objet de nombreuses études.

Comment la Métropole lutte contre cette pollution ?

Les taux de PFAS dans l’eau potable de la Métropole de Lyon, suivis mensuellement, sont inférieurs au seuil réglementaire. Toutefois, ses taux supérieurs au seuil réglementaire ont été mesurés dans les eaux des captages de Grigny-sur-Rhône et de Ternay qui desservent les communes de Givors, Grigny-sur-Rhône, Solaize et Marcy-l’Étoile. Un programme de retour à la conformité a ainsi été mis en place. En 2026, toutes les communes ont retrouvé des valeurs inférieures au seuil réglementaire.

Un programme renforcé de suivi des taux de PFAS dans l’eau, l’air et les sols a été mis en place par Eau du Grand Lyon et la Métropole de Lyon.

Au niveau européen, la Métropole de Lyon plaide pour un renforcement des législations sur les substances chimiques, dont les PFAS, et pour que les collectivités territoriales soient accompagnées sur les conséquences des pollutions auxquelles elles font face.

Au niveau national, la Métropole de Lyon participe à de nombreux groupes de travail sur la règlementation, la gestion de la pollution et la recherche de solutions.

Quelles sont les actions mises en place ?

La Métropole de Lyon a engagé une série de nouvelles actions afin de mieux protéger les habitants et usagers du territoire.

  • Réaliser des études sur la santé des populations : 
    • en partenariat avec l’Institut écocitoyen de Fos-sur-Mer, les HCL, Science-Po et l'ENTPE, le projet PERFAO étudie l'imprégnation de la population par les PFAS ainsi que certains impacts sanitaires ;
    • en partenariat avec le Centre Léon Bérard et le Cancéropôle Lyon Auvergne-Rhône-Alpes, les projets ASTEROPA étudient les liens entre les PFAS et certaines formes de cancer.
  • Réaliser un suivi de la contamination du territoire qui passe par : 
    • des analyses complémentaires à celles de l’État dans l’air, l’eau et les sols ;
    • un suivi de la qualité des captages d’eau potable : en analysant deux fois par mois les concentrations retrouvées dans les nappes phréatiques du territoire et en étudiant des solutions techniques de traitement à mettre en place ;
    • une surveillance accrue des systèmes d’assainissement : en réalisant des analyses en entrée et sortie de station d’épuration.
  • Mettre en place un plan de lutte contre les micropolluants : les entreprises qui rejettent des eaux usées au réseau d'assainissement de la Métropole sont accompagnées afin de transformer leurs procédés industriels au travers d'actions de substitutions, de réduction ou de traitement à la source des molécules problématiques.
  • Informer : la Métropole implique les communes et les citoyens et communique en direct avec les acteurs potentiellement concernés.

Quelle est l'avancée des actions ?

Pour retrouver une qualité d’eau conforme, la Métropole de Lyon et la Régie Eau du Grand Lyon, en lien avec les syndicats et communes voisines ont mis en place deux actions principales : 

  • la création d’une interconnexions des réseaux d’eau potable permettant l'apport d’eau venant du captage principal de la Métropole vers la commune de Marcy-l’Étoile. Dès 2024, les eaux distribuées sur cette zone sont repassées sous la concentration réglementaire de 0,1 μg/L ;
  • la mise en place d’une nouvelle filière de traitement des PFAS par charbons actifs à l’usine de production de Ternay pour les communes de Grigny-sur-Rhône, Solaize et Givors : d’importants travaux débutés en 2025 et devant s'achever au premier semestre 2026 sont menés par le Syndicat Rhône-Sud pour modifier les installations de traitement. Dès la fin 2025, ces travaux ont permis de redescendre sous le seuil de 0,1 μg/L.

Des ateliers ont été organisés avec les habitants entre 2023 et 2025 afin de construire le questionnaire de santé de l’étude PERFAO. Cette étude vise à déterminer l’exposition de la population aux pollutions dans la vallée de la chimie. Elle permet également d’évaluer le niveau d’imprégnation des habitants et de comprendre comment ces polluants éternels et toxiques se diffusent dans l’environnement et affectent les organismes. 

Les ateliers se poursuivront tout au long de l'étude et donneront lieu à la présentation des résultats dès 2026. Ces riches moments d'interaction avec les habitants sont particulièrement importants pour comprendre les enjeux locaux et définir les réponses à apporter.

La Métropole de Lyon, avec la régie Eau du Grand Lyon et le Syndicat mixte d’eau potable Rhône-Sud, ont initié une action judiciaire, sous la forme d'un référé expertise, à l'encontre d'Arkema et de Daikin qui produisent et rejettent des PFAS sur leur site de Pierre-Bénite. Le référé expertise vise à définir l'origine et la responsabilité de la pollution du champ captant de Chasse-Ternay. Il s'agit de la première étape de l'application du principe du pollueur-payeur.

Qui fait quoi ?

  • L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) surveille et évalue les risques sanitaires.
  • La Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) a la compétence de police environnementale et inspecte les installations classées. Elle analyse les rejets dans les milieux aquatiques.
  • L'Agence régionale de santé (ARS) réalise des contrôles sanitaires des eaux destinées à la consommation.
  • Eau du grand Lyon suit la qualité de l’eau qu’elle distribue.
  • La Métropole de Lyon surveille les rejets dans ses réseaux d’assainissement et mène des actions volontaires d’amélioration de la connaissance sur la pollution présente et les impacts sur la santé.

Dernière mise à jour le 16 avril 2026

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