Vallée de la chimie : la moitié des logements privés reste à sécuriser

La sécurisation des logements dans la Vallée de la chimie se poursuit mais de manière très inégale. Si tous les logements sociaux sont en passe d’être mis en sécurité, près de la moitié du parc privé concerné par le Plan de prévention des risques technologiques du secteur ne l’est pas.

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Quarante-huit pour cent des logements privés situés dans la zone d’application du Plan de prévention des risques technologiques (PPRT) de la Vallée de la chimie ne sont pas sécurisés face aux risques que représentent certaines activités industrielles du sud-lyonnais (risque thermique, de surpression et/ou toxique). 

Depuis la mise en place de ce PPRT en 2016, 52 % des propriétaires privés ont réalisé des travaux de mise en sécurité de leur bien sur les 5 477 logements impactés. Pourtant, les risques sont bien réels. 

À l’image de l’accident dramatique de décembre dernier sur le site d’Elkem, le risque zéro n’existe pas lorsqu’on habite à proximité d’une zone couverte par un Plan de prévention des risques technologiques.

100 % des logements sociaux sécurisés

Sur la zone couverte par le PPRT de la Vallée de la chimie, 2 832 logements sociaux ont été sécurisés ou sont en passe de l’être, soit la totalité des logements sociaux. La majorité des logements concernés est exposée à un risque de diffusion d’un nuage toxique. Une pièce refuge dite de confinement a été réalisée dans chaque logement par l’intermédiaire d’une porte étanche, d’un changement de VMC ou d’un bouton d’arrêt d’urgence de la VMC. Sur d’autres logements concernés par des risques d’onde de surpression ou thermique, des travaux plus importants ont été mis en œuvre sur l’enveloppe des bâtiments.

Renoncement à faire les travaux

D’autant plus dans la vallée de la chimie, plus grande zone PPRT de France. « C’est un défi de mettre en conformité autant de logements en onze ans et il est parfois difficile de convaincre les riverains de faire les travaux », reconnaît Valérie Vieira, cheffe de projet PPRT sur le volet habitat.

Six communes de la métropole de Lyon sont concernées : Feyzin, Irigny, Oullins-Pierre-Bénite, Saint-Fons, Solaize et Vénissieux.

« Chaque cas est différent puisqu’un logement peut être exposé à un risque ou à plusieurs cumulés. Les travaux à engager ne sont pas les mêmes », note Valérie Vieira. Une difficulté à convaincre qui entraîne parfois même des renoncements à faire les travaux. 

« Bien que le PPRT soit une prescription préfectorale, il n'y a, actuellement, aucune sanction mise en place par l'État. Ils s'exposent cependant à des risques assurantiels et à une responsabilité s'ils louent leur logement sans avoir fait de travaux de sécurisation en cas de survenue du risque industriel », précise-t-elle.

Des travaux intégralement pris en charge

Face aux risques de surpression, d’émissions toxiques et thermiques potentiellement engendrés par un accident sur l’un des sites industriels à proximité, la protection des logements sur les six communes concernées est indispensable à la sécurité des biens et des personnes y résidant.

Pour accompagner les propriétaires dans l’adaptation de leurs biens, l’aide Sécuréno’v permet d’accompagner les riverains dans le financement des travaux de sécurisation. Le coût des travaux est ainsi intégralement pris en charge par les entreprises responsables des risques (30 %), les collectivités (30 % porté par la Métropole de Lyon et la Région) et l’État (40 % en crédit d'impôt), plafonné à 20 000 euros de financements par logement. Pour le PPRT de la Vallée de la chimie, ce sont 43,4 millions d’euros qui sont mis sur la table sur le volet habitat par les acteurs.

Mais attention, si le dispositif Sécuréno’v existe jusqu’au 17 octobre 2027, le crédit d’impôt financé par l’État à hauteur de 40 % risque de s'arrêter en décembre 2026, si son renouvellement n'est pas prévu dans la prochaine loi de finance. « Demain, 60 % des travaux pourront être financés contre 100 % aujourd'hui », met en garde Valérie Vieira.

Un nouveau PPRT à Saint-Genis-Laval et Chaponost

Depuis le 5 septembre 2025, un cinquième PPRT a été créé pour couvrir les risques sur les communes de Saint-Genis-Laval et Chaponost. Il concerne les risques engendrés par l’entreprise Application des Gaz (ADG), qui produit notamment des bouteilles de gaz sous la marque Campingaz. Le PPRT ADG couvre une zone de 70 logements à sécuriser, dont 19 sur la commune de Chaponost (hors métropole de Lyon).

Dans les onze ans à venir, l’ensemble des logements doivent faire l’objet de mesures de renforcement du bâti qui nécessite un accompagnement technique, administratif et financier des propriétaires de logements concernés. La Métropole de Lyon met en œuvre à ce titre un guichet unique pour les logements couverts dans le périmètre. Ce guichet unique est organisé en partie en régie directe mais aussi avec le prestataire, CREF Bâti Contrôle, qui assure les diagnostics et les préconisations de travaux, ainsi que l'aide dans les choix des entreprises.

Au total, le montant des travaux est estimé à 780 000 euros répartis à hauteur de 312 000 euros par l’État sous forme de crédits d’impôts, de 234 000 euros en aides directes de la part de la Métropole de Lyon et de la même somme par l’entreprise ADG.

Ce nouveau PPRT dans le sud-ouest lyonnais monte à cinq le nombre de plans de prévention des risques sur le territoire de la métropole de Lyon avec celui de Vallée de la chimie, de Givors, de Genay – Neuville-sur-Saône et de Saint-Priest.

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Dernière mise à jour le 20 février 2026

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