« Un premier espace d’écoute et de soutien pour les jeunes »

Depuis le 2 octobre 2025, une permanence d’écoute santé a ouvert à la Duchère, à Lyon 9e. Une éducatrice spécialisée, Sara Ciclet, accueille les jeunes de 12 à 25 ans au sein du Point accueil écoute jeunes (PAEJ).

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« Une mission de prévention »

Vous êtes la première éducatrice spécialisée à intégrer le PAEJ. Ne pas être psychologue comme vos collègues, permet‑il une libération de la parole ?

Sara Ciclet : Les jeunes ne se sont, pour la plupart, jamais confiés à un adulte et encore moins à un professionnel. Beaucoup d’entre eux peuvent avoir des craintes à s’ouvrir auprès d’un psychologue. Quand c’est le cas, je sors tout de suite la carte du “ça tombe bien je ne suis pas psy mais éducatrice”. Souvent ça fait tomber les premiers freins. Les PAEJ n’ont pas une mission de soin mais de prévention en santé mentale. C’est un premier espace d’écoute et de soutien, avant une orientation vers des professionnels de santé ou des structures plus adaptées. Je remplis ma mission de prévention en accompagnant les jeunes vers la psychologue de l’équipe de prévention spécialisée du 9e arrondissement, le CMP (Centre médico-psychologique) du secteur ou les CJC (Consultations jeunes consommateurs).

« Le harcèlement est très présent »

Cette initiative, portée par la Cité éducative du 9e et par le collège Victor‑Schoelcher, est récente. Quels sont les premiers enseignements ?

S.C : Au bout de seulement deux mois de pratique, j’avais déjà sept personnes, toutes orientées par différents acteurs du secteur, dont la référente du Programme de réussite éducative (PRE). Chez les plus jeunes, le harcèlement est très présent, d’autant plus qu’il ne se limite pas à l’enceinte du collège. Et chez les jeunes actifs, l’avenir incertain est source de beaucoup d’anxiété. Les premiers retours, notamment de la directrice du collège et des infirmiers scolaires, sont très positifs.

Jusqu'à fin juillet

Comment abordez-vous le premier contact ?

S.C : Tout d’abord il faut préciser que les rendez-vous se font sur la libre adhésion, c’est bien le jeune qui décide de venir. Certains se dévoilent assez facilement. Lorsque je perçois qu’un jeune se sent mal à l’aise, je n’hésite pas à consacrer les quinze premières minutes de l’entretien à créer une ambiance détendue, à faire connaissance en utilisant différentes techniques comme les jeux de société ou encore le coloriage. Ensuite, l’accompagnement peut aller de cinq à dix séances de 30 à 45 minutes tous les quinze jours, avant une orientation adaptée vers la prévention spécialisée de la Métropole de Lyon par exemple. Je leur demande aussi s’ils ont dans leur entourage des adultes de confiance. Si malheureusement aucun spécialiste n’est disponible, l’accompagnement se poursuit. On ne les relâche pas dans la nature.

Combien de temps cette permanence va‑t‑elle durer ?

S.C : Dans l’immédiat, elle se tient jusqu’à fin juillet à la Duchère. Ensuite il y aura un bilan pour savoir si la Cité éducative, qui finance, poursuit cette initiative.

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