Médiation scolaire : pour le bien‑être des collégiens

Une expérimentation est actuellement menée pour proposer de la médiation scolaire dans trois établissements de la métropole de Lyon, classés en Réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP +). Rencontre avec les médiateurs des collèges Paul‑Éluard de Vénissieux et Simone-Lagrange de Villeurbanne Saint-Jean.

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Elle commence sa journée à 7h45. Audrey Belliard se rend chaque jour de la semaine aux abords du collège Paul‑Éluard à Vénissieux, il lui arrive même de faire quelques pas avec des élèves avant d’entrer, elle aussi, dans l’enceinte de l’établissement. Âgée de 31 ans, cette ancienne Conseillère principale d’éducation (CPE) exerce le métier de médiatrice en milieu scolaire depuis la rentrée de septembre : « J’aime ce lien de proximité avec les élèves mais aussi avec les familles. L’enjeu est énorme, beaucoup ne font plus confiance à l’école. Le décrochage scolaire est important. Certains collégiens sont convaincus d’être bons à rien alors qu’ils ont des compétences. Je travaille beaucoup sur la gestion des émotions. » 

Si le collège Paul‑Éluard a été choisi par le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), c’est en raison de la dégradation du climat scolaire.

L’estime de soi, un enjeu majeur

« Demander de l’aide est perçu comme un aveu de faiblesse chez une grande majorité des élèves », constate de son côté Mickaël Angelot, 29 ans, médiateur en milieu scolaire au collège Simone-Lagrange. L’établissement est situé sur la commune de Villeurbanne mais 80 % des élèves de l’établissement viennent du Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin. « Ils sont persuadés qu’il faut se défendre par ses propres moyens. Alors c’est à moi d’aller vers eux, de créer un contact. Je leur fais comprendre que je n’ai pas de camp, je suis impartial. » 

Tous les matins, Mickaël Angelot salue le personnel de la vie scolaire lors d’échanges informels. Il n’a pas de bureau et s’installe dans la salle du foyer. Baby-foot, jeux, espaces pour peindre et dessiner, ce lieu de détente accueille des élèves et des adultes. « Si je sens qu’un élève a besoin de se confier, je vais dans une autre salle ou j’attends que ce soit plus calme », note cet ancien étudiant en psychologie. 

Récemment, il a accompagné des projets d’élèves comme un club d’astronomie et des ateliers dessin mis en place en janvier. « La médiation sociale est là pour leur rappeler qu’ils ont des compétences et des qualités. On travaille beaucoup sur l’estime de soi. J’écoute, j’observe, je suis là pour poser un premier diagnostic avant de passer le relais, surtout au CPE, et aussi à l’assistant social, aux professeurs principaux. Il y a malheureusement chez ces collégiens beaucoup de résignation. »

La médiation sociale est là pour leur rappeler qu'ils ont des compétences et des qualités. Il y a malheureusement chez ces collégiens beaucoup de résignation.

Mickaël Angelot, médiateur en milieu scolaire au collège Simone-Lagrange

Rester neutre

Facilement identifiable au sein du collège Paul‑Éluard, à Vénissieux, grâce à sa tenue verte, Audrey Belliard demeure neutre, une approche plus facile pour les élèves. « Mon seul pouvoir, c’est la parole professionnelle. Je suis là pour leur rappeler les règles de vie plus que le règlement intérieur. Je participe aux différentes instances, comme le point élève, durant lequel on observe avec les professeurs l’évolution des étudiants concernés, et le groupe de prévention contre le décrochage scolaire ». La médiatrice peut intervenir dans la cour du collège mais aussi en classe, si nécessaire, ou encore gérer l’accueil d’élèves qui sont exclus de cours par exemple. 

Au début de l’année scolaire, un diagnostic des besoins est partagé au comité de suivi piloté par les services métropolitains et municipaux et dont font partie le principal du collège, la CPE, les professionnels de santé, etc. Le médiateur n’a pas de pouvoir de coercition, tout l’intérêt de sa mission est d’orienter les élèves en difficulté vers les professionnels compétents, comme le pôle médico‑social qui comprend l’infirmière scolaire et la psychologue de l’Éducation nationale.

Lutter contre le décrochage et le harcèlement

Cette expérimentation, financée par la Métropole de Lyon, est une première. Elle a été confiée à l’association Agence Lyon tranquillité médiation (ALTM) qui se concentre sur trois collèges de la métropole : Henri‑Longchambon à Lyon 8, Simone‑Lagrange à Villeurbanne Saint‑Jean et Paul-Éluard à Vénissieux. 

L’action vise à lutter contre l’absentéisme, le décrochage, les incivilités, les violences et le harcèlement, tout en développant la tolérance et le dialogue par l’apprentissage de nouvelles compétences psychosociales. D’une durée de trois ans, un bilan sera dressé à l’issue de l’année scolaire 2026‑2027. Et c’est un autre comité, celui de pilotage, essentiellement composé d’élus et des services de l’État, qui choisira de poursuivre ou non ce dispositif.

Services associés

Éducation, culture et loisirs

La Métropole de Lyon est en charge de la culture et du sport. Elle soutient de grands événements culturels mais aussi les associations, l'enseignement artistique et la lecture publique. La Métropole construit et entretient les collèges.

Dernière mise à jour le 20 février 2026

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