Les visages de la Corée du Nord se dévoilent au musée des Confluences

Depuis le 12 juin, une nouvelle exposition temporaire a ouvert ses portes au musée des Confluences. Une plongée inédite en Corée du Nord à travers les portraits photo de ses habitants. 

Informations pratiques

  • Musée des Confluences
    86 Quai Perrache
    69002 Lyon
    S'y rendre
  • Du 12 juin 2026 au 2 janvier 2028
Musée des Confluences

Donner un visage à un peuple dont on ne sait rien, c’est le parti pris du photographe Stéphan Gladieu dont le travail est présenté dans la nouvelle exposition temporaire du musée des Confluences : Corée du Nord.

Face-à-face

Sur des totems colorés qui rappellent les immeubles de Pyongyang, des portraits affichés en 120 par 150 centimètres. En leur centre, des personnes à votre échelle qui vous regardent les yeux dans les yeux. Dans cette exposition photo inédite, Stéphan Gladieu a voulu proposer un face-à-face avec des visages de la Corée du Nord, pour ouvrir une fenêtre sur un pays et des habitants dont on ne sait pas grand-chose au-delà du fantasme collectif. 

Le photographe, qui se consacre dans son travail aux portraits, est spécialiste des endroits difficiles d’accès : sociétés secrètes, dictatures…  Il aura fallu quinze ans à Stéphan Gladieu pour pouvoir concrétiser son projet de rentrer en Corée du Nord. « Dans ces dictatures, il y a un paradoxe entre la volonté de vivre caché et le fantasme d’être compris », souligne-t-il.

Entre 2017 et 2020, cinq séjours sous étroite surveillance lui auront permis de dresser le portrait d’une quarantaine de Nord-Coréens. « J’ai choisi les personnes et les fonds. Je voulais des images simples, frontales, très lisibles », explique le photographe.

Dans des lieux du quotidien de ce peuple, une patinoire, une ferme collective, une usine, un parc aquatique… il a donc choisi de poser son appareil à cinq mètres de ses sujets, « car c’est la distance à laquelle vous rencontrez quelqu’un ». Le photographe a réutilisé les codes de la propagande dans ses images. « Il y a une théâtralisation et un besoin de perfection quasi maladif. Tout est léché, propre et sous contrôle », décrit Stéphan Gladieu. Par ailleurs, le rapport à la photographie est singulier dans un pays où on n’existe pas en tant qu’individu, « on n’apparait jamais seul en photo en Corée du Nord »

Derrière la façade

Les décors sont bien tous réels et les poses, choisies par les sujets. Elles se ressemblent et paraissent figées, renforçant cette impression de sérialité et, parfois, de vide. Pourtant, pas de mise en scène, le photographe indique juste une marque au sol pour placer les modèles et leur laisse faire le reste. 

Au-delà des portraits qui peuvent apparaître très stéréotypés, c’est donc la petite histoire et le contexte derrière chaque photographie qui nous en apprennent sur ce pays et ses habitants. Parmi la quarantaine de photos présentées lors de cette exposition, huit d’entre elles sont proposées en très grand format et au verso de celles-ci, un dispositif sonore permet de découvrir les coulisses de ces séances, racontées par le photographe. 

C’est la quatrième fois que le musée des Confluences consacre une exposition à la photographie. Avec Corée du Nord, il propose une fenêtre sur un paysage méconnu, à hauteur d’humain. 

Services associés

Éducation, culture et loisirs

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Dernière mise à jour le 16 juin 2026

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