Les jeunes sont particulièrement exposés aux difficultés d’accès à l’emploi. Dans la métropole de Lyon, le taux de chômage atteint 15,8 % chez les moins de 26 ans et plus de 20 % des moins de 30 ans vivent, par ailleurs, sous le seuil de pauvreté.
Rapprocher jeunes et entreprises
Face à ce constat, la Métropole de Lyon a décidé de déployer le plan Premier emploi jeunes, voté ce lundi 28 septembre en Conseil métropolitain. Il s’adresse à l’ensemble des jeunes de 16 à 29 ans éloignés de l’emploi ou de la formation.
Avec Premier emploi jeunes, la Métropole de Lyon réoriente prioritairement ses moyens vers la formation, la découverte des métiers, la mobilité, l’alternance, les mises en situation professionnelle et la rencontre directe avec les entreprises.
Les secteurs qui rencontrent des difficultés de recrutement seront particulièrement mobilisés afin de mieux rapprocher les besoins des entreprises et les parcours proposés aux jeunes.
L’objectif est également de renforcer les liens entre les établissements de formation, les acteurs de l’insertion et le monde économique, notamment dans les filières industrielles et les métiers en tension.
5 000 jeunes accompagnés par an
Les bénéficiaires du dispositif seront accompagnés par la Métropole et ses partenaires : France Travail, missions locales, Maison métropolitaine pour l’insertion et l’emploi (MMI’e) et les associations spécialisées.
→ Pour les jeunes diplômés ou directement employables, l’objectif est de multiplier les opportunités d’entrée dans la vie professionnelle : stages, alternance, mises en situation professionnelle et premiers emplois. La MMI’e sera mobilisée pour renforcer le lien avec les entreprises et les branches professionnelles. Les entreprises engagées dans la Charte des 1000 – Les entreprises s’engagent seront notamment incitées à proposer davantage d’opportunités aux jeunes. Une attention particulière sera portée aux jeunes résidant dans les quartiers prioritaires et aux jeunes en situation de handicap.
→ Pour les jeunes nécessitant un accompagnement renforcé, la Métropole de Lyon s’appuiera notamment sur les dix missions locales du territoire et sur des acteurs comme l’École de la deuxième chance ou l’Epide (Établissement pour l'insertion dans l'emploi). L’objectif est de coordonner davantage l'accompagnement social, la formation et l'expérience professionnelle pour permettre un retour durable vers l’emploi.
→ Pour les jeunes confrontés à un cumul de difficultés, notamment les jeunes sortant de l’Aide sociale à l’enfance, les bénéficiaires du RSA ou du Fonds d’aide aux jeunes, des parcours individualisés permettront d’agir simultanément sur l’accès au travail et sur les freins périphériques à l’emploi : mobilité, logement, santé ou encore garde d’enfants. Tout jeune repéré dans cette situation pourra être orienté vers une mission locale et se voir proposer, dans les trois mois, une expérience professionnelle adaptée et accompagnée.
Arrêt progressif du RSJ
Dans le cadre de cette nouvelle orientation, le plan Premier emploi jeunes se substituera progressivement au Revenu de solidarité jeunes, instauré en 2021.
Afin d’assurer la continuité de l’accompagnement des bénéficiaires actuels, la transition sera organisée progressivement :
- 31 octobre 2026 : fin des nouvelles entrées dans le dispositif ;
- du 1er novembre 2026 au 30 juin 2027 : poursuite des renouvellements en cours et orientation progressive vers les dispositifs de droit commun et le nouveau plan ;
- 30 juin 2027 : fin des versements du Revenu de solidarité jeunes ;
- à compter de juillet 2027 : déploiement complet de la nouvelle organisation.
Les conventions avec les 17 associations partenaires intervenant actuellement dans l’instruction et l’accompagnement seront prolongées de six mois afin d’assurer cette transition.
Avec le plan Premier emploi jeunes, nous faisons un choix clair : préserver notre modèle de solidarité tout en garantissant sa soutenabilité financière et son efficacité sociale. Notre ambition n’est pas seulement d’accompagner les jeunes dans leurs difficultés, mais de leur donner les moyens d’en sortir durablement.
Emmanuel Imberton, vice-président délégué à l'Économie, à l'Emploi et à l'Insertion professionnelle.
Le dispositif en chiffres
- 2,65 millions d’euros par an dédiés
- Dont 1,4 million de crédits métropolitains
- et 1,25 million de crédits européens FSE+