C’était une des premières mesures annoncées par le nouvel exécutif de la Métropole de Lyon suite à son élection en mars dernier. L’audit sur l’évolution des finances métropolitaines a livré ses conclusions, qui ont été présentées lors du conseil de la Métropole du 22 juin.
L'audit avait pour vocation d'apporter un regard indépendant sur l'évolution des finances métropolitaines à l'issue du précédent mandat. Au-delà du constat, il vise à éclairer les décisions qui devront être prises dans les prochains mois afin de préserver la capacité d'action de la Métropole.
Chiffres clés
Le premier enseignement de l'audit est la dégradation progressive des grands équilibres financiers de la collectivité. Les dépenses de fonctionnement ont fortement augmenté au cours du précédent mandat, tandis que l'épargne brute s'est dégradée.
L'audit souligne ainsi un affaiblissement progressif des marges de manœuvre financières de la Métropole.
Plusieurs leviers fiscaux ont été mobilisés afin d'accroître les ressources de la collectivité. Pour autant, les principaux indicateurs financiers ont continué à se dégrader. Ce constat souligne la nécessité d'une vigilance accrue sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement afin de garantir l'équilibre durable des finances métropolitaines.
- + 300 M€ de dépenses de fonctionnement entre 2019 et 2025
- 1 Md € de dépenses de fonctionnement supplémentaires sur la période
- 486 M€ d'épargne brute en 2019 contre 361 millions d'euros en 2025
- 2 Md € de dette globale en 2025 (+200 millions d'euros de dette entre 2024 et 2025)
- 1,7 Md € d'autorisations de programme déjà votées
Des contraintes pour l’avenir
L'audit identifie également plusieurs facteurs de risque pour les années futures. Le volume des engagements déjà pris, les investissements programmés ainsi que certaines obligations relevant des compétences de la Métropole pèseront durablement sur les finances de la collectivité.
« Nous avons hérité d’engagements financiers importants dont certains sont quasiment irréversibles et qui engagent l’avenir. Nous allons analyser tous les postes de dépenses et tous les investissements programmés qui vont nous conduite certainement à prendre des décisions drastiques », a souligné Véronique Sarselli, présidente de la Métropole.
Restaurer les capacités d’autofinancement
Face à ce constat, la Métropole engage désormais un travail approfondi d'analyse de ses dépenses de fonctionnement et de ses investissements. L'objectif est de restaurer progressivement les capacités d'autofinancement de la collectivité, préserver l'investissement public et garantir la soutenabilité des finances métropolitaines sur le long terme. Les premières orientations seront présentées lors du prochain débat d'orientations budgétaires.
« Notre responsabilité est de garantir que la Métropole conserve les moyens d'investir, d'accompagner les communes, de répondre aux besoins des habitants et de préparer l'avenir. Cet audit nous donne les éléments nécessaires pour engager ce travail avec lucidité et responsabilité », a conclu la présidente.