C’est avec la Révolution française que sont instaurés des services d’archives au sein desquels les administrations publiques doivent verser leurs documents. Installée rue Mouton-Duvernet (Lyon 3), les Archives départementales et métropolitaines abritent aussi les documents des hôpitaux, des tribunaux et de la police. De même, elles renferment les archives des notaires et peuvent accepter des archives privées d’entreprises, d’associations ou de particuliers en fonction de leur intérêt historique et patrimonial.
Le lingot, un bâtiment atypique
Depuis 2014, le bâtiment des Archives trône dans le quartier de la Part-Dieu. Parfois surnommé le lingot, il repose sur un concept architectural particulier : un espace de 70 centimètres d’air entre les deux couches extérieures du bâtiment, agissant comme une première boîte de protection et maintenant une température constante. Pour supporter le poids des quelque 56,7 kilomètres d’archives, le bâtiment a été conçu pour soutenir 1,3 tonne au mètre carré, contre 250 kilos en moyenne pour un immeuble d’habitation.
Classement et tri : un process rodé
Chaque versement d’archives suit un circuit bien rodé : à leur réception, les documents font l’objet d’un état sanitaire pour s’assurer qu’ils ne contiennent ni champignons, ni parasites. Ils montent ensuite en salle de classement où des archivistes nettoient, classent et trient chaque pièce. L’objectif est d’organiser, décrire et conditionner les documents dans des boîtes. Les documents conservés ne sont d’ailleurs que des originaux. Pour déchiffrer des écritures parfois très anciennes, les archivistes disposent d’une formation en paléographie.
Une charte de 861
Ici, une minute de notaire datée de 1892, là un jugement de divorce ou un plan cadastral. Au milieu de centaines de milliers de documents, des pépites se cachent dans les travées. La plus ancienne d’entre elles est une charte datée de 861. Scellée par l’arrière-petit-fils de Charlemagne, Charles de Provence, elle autorise les moines de l’île Barbe à exploiter les lieux. Un morceau d’histoire, précieux et fragile, dont la consultation n’est possible qu’en ligne ou grâce à un fac-similé exposé. D’autres documents ou objets conservés ont une valeur historique ou patrimoniale comme des plans, cartes, maquettes, objets, photographies et diapositives.
Stockage et restauration
Sur les six étages du bâtiment dédiés au stockage, 51 magasins conservent des centaines de milliers d’archives tandis que les documents numériques sont préservés sur des serveurs sécurisés. Leur classement suit une nomenclature très précise avec des cotes dédiées pour chaque versement. La température et l’hygrométrie y sont régulées pour maintenir des conditions de conservation constantes. Chaque année, un kilomètre linéaire et plusieurs dizaines de gigaoctets de documents sont versés aux Archives.
Chiffres clés
6 830 élèves accueillis en 2025
3,7 téraoctets de documents numérisés
70 kilomètres linéaires de capacité totale de stockage
Consultation pour l'éternité
Avec plus de 1 500 personnes accueillies en salle de lecture en 2025 pour des consultations, les Archives constituent un service public peu connu. Ouvertes à tous, elles sont un lieu prisé des chercheurs, étudiants, généalogistes ou simples curieux, mais aussi des notaires et des architectes. On peut consulter et copier les documents mais pas les emprunter. Ces originaux, dont certains à forte valeur pécuniaire et historique, sont conservés pour l’éternité par les 58 agents qui y travaillent.
Rendez-vous aux Archives
Expositions et conférences sont régulièrement proposées par les Archives du Département du Rhône et de la Métropole de Lyon.