

Ce sont des conflits sociaux très durs qui ont contraint les Lyonnais à innover socialement -les révoltes des canuts restent dans toutes les mémoires. De grands acquis sociaux sont le fruit de cette histoire : Lyon, berceau de la presse ouvrière (l’Echo de la Fabrique) ; Lyon, berceau du mutualisme ouvrier ; Lyon, site natif de l’institution des prud’hommes ; Lyon, avec Lille, berceau du catholicisme social. Aujourd’hui encore, ce que l’on nomme l’économie sociale et solidaire, reste très présente dans l’agglomération lyonnaise. Lyon a aussi nourri un courant d’innovation, une énergie associative, une inventivité particulière dans le dialogue œcuménique.
Le 21e siècle s’ouvre dans le contexte de la mondialisation. Les nouvelles pauvretés qui apparaissent dans le monde ou qui sont rendues plus visibles grâce aux médias, appellent une solidarité renouvelée, un humanisme revivifié. Nos activités sont de plus en plus interdépendantes, c’est à dire en fait solidaires, à l’échelle mondiale. Le dérèglement économique et social, que traduit par exemple un taux de chômage élevé, un nombre croissant de "travailleurs pauvres", ne doit pas nous conduire au repli, mais à l’invention de nouveaux rapports entre l’économique et le social, à la mise en place de nouvelles solidarités collectives. Précarisation sociale, frictions culturelles, périls environnementaux, questions éthiques liées à la révolution du vivant… font partie des maux ou des défis qui appellent des réponses dans ce nouveau contexte.
Que d’enjeux ! Que d’innovations en perspective sur ces questions de solidarité qui reprennent une place centrale, et sans doute pour un certain temps, dans nos sociétés.