
… Sur la composition du Conseil de développement : le défi de la diversité
Le Conseil de développement a été composé sur la base de collèges qui lui assurent au global une meilleure représentativité de la diversité de la société civile de l’agglomération. Le Conseil de développement est aujourd’hui plus à l’image de la société même s’il reste encore des minorités absentes ou peu présentes (personnes en situation de précarité, de handicap, populations d’origines étrangères, etc.). Le Conseil devra veiller à rester à l’écoute de ces minorités et réfléchir à la façon de les associer au mieux à ses travaux.
Par ailleurs, il est prévu que le Conseil de développement travaille dans le cadre de groupes de travail et de deux commissions permanentes : "Solidarité et Cohésion sociale" et "aménagements et déplacements". Il sera important que la diversité des membres du Conseil se retrouve au sein des groupes de travail et des commissions. Car une des forces du Conseil est contenue dans cette diversité. Ainsi les questions de déplacements ne seront pas débattues qu’entre spécialistes et associations du monde des déplacements mais aussi avec des gens de la culture, de la santé et des citoyens dont la vision peut varier suivant leur âge ou leur sensibilité. Il en est de même pour les questions de logement par exemple où la diversité de points de vues peut produire des contributions tout à fait intéressantes. Cette diversité sera ainsi un atout majeur pour traiter des questions telles que le développement durable ou bien encore la question du "vivre ensemble".
… Sur le positionnement du Conseil de développement : le défi de l’indépendance dialoguante
Même si le Conseil de développement est mis en place par le Grand Lyon, il doit être en mesure de garantir une indépendance de pensée et une liberté d’expression faisant écho aux préoccupations de la société civile. Cette indépendance implique à la fois neutralité politique et engagement dans le débat d’idées. Le Conseil se doit d’être un lieu où s’échangent des points de vues parfois contradictoires mais toujours dans une dynamique de construction collective et non de critique stérile. Cette construction est celle de la vision d’un territoire, du bien commun, intégrant les préoccupations des différents groupes sociaux et des individus et sachant si possible les dépasser.
Il est important de réaffirmer que la démocratie participative ne se substitue pas à la démocratie représentative mais qu’elles doivent se respecter voire se renforcer l’une l’autre. C’est pourquoi il est nécessaire que le Conseil de développement soit en dialogue avec les élus. D’une part, pour porter à leur connaissance les préoccupations d’autres natures que celles de la sphère politique, d’autre part, par souci d’efficacité, pour que les travaux du Conseil puissent être entendus et pris en compte dans leurs actions par les décideurs politiques. Fidèle à son principe d’indépendance et de pluralité, le Conseil de développement doit rechercher ce dialogue avec toutes les sensibilités de la sphère politique.
Le Conseil de développement refondé doit aussi poursuivre l’éthique de la discussion qui a toujours été la sienne. Elle repose principalement sur l’adhésion à des principes telle que l’écoute, le respect mutuel, la tolérance des avis divergents ainsi qu’à des valeurs telles que la solidarité, l’équité, le développement durable.
… A propos de ses travaux : le défi de la méthode
Le Conseil de développement tirera sa légitimité de sa capacité à animer le débat d’agglomération mais aussi à produire des contributions utiles à l’élaboration des politiques d’agglomération.
Il faudra ainsi mettre en place des processus de contributions et de production efficaces, qui sachent rendre compte d’une construction collective de visions partagées, de propositions de pistes d’actions, mais aussi, le cas échéant qui soit en mesure de faire apparaître les points qui font débats au sein du Conseil et de la société dans son ensemble.
Pour l’accompagner et lui fournir les éléments de connaissance nécessaires, il pourra faire appel à l’Agence d’urbanisme, aux services du Grand Lyon ou encore à d’autres experts indépendants tels que ceux de l’Institut d’Urbanisme, les "grands témoins" mobilisés dans le cadre des études du Schéma de cohérence territoriale, etc.
… A propos de ses missions, saisines et auto-saisines : Le défi de l’innovation et de l’ouverture
Le programme de travail du Conseil de développement est constitué à la fois de saisines formulées par l’exécutif communautaire et d’auto-saisines. Dans ce cadre, le Conseil de développement doit assurer une veille sociétale sur les grands sujets d’avenir tels que les déplacements, l’habitat, le cadre de vie, la solidarité territoriale et intergénérationnelle, le vivre ensemble, l’environnement et le développement durable pour ne citer qu’eux, et développer si possible des approches transversales à ces diverses thématiques.
Un des défis du Conseil sera de savoir à la fois défricher certains sujets et en même temps réfléchir et participer à ce que ceux-ci débouchent sur des orientations ou propositions concrètes ou même simplement sur des prises de conscience collectives. Le Conseil de développement devra savoir se saisir de sujets prospectifs et toutefois suffisamment d’actualité pour recevoir un écho auprès des élus, savoir être à la fois dans la prospective mais aussi dans la réalité d’aujourd’hui.
Le Conseil de développement doit aussi jouer un rôle de développeur de débat public en permettant d’ouvrir des espaces de débat en son sein, en associant de temps en temps d’autres acteurs ou en organisant des séances largement ouvertes aux citoyens (conférences, auditions, initiatives de débats participatifs, capitalisation d’expériences participatives locales, etc.), afin de devenir un véritable laboratoire d’idées.