|
Il y a six ans maintenant quont été
lancés dans des zones urbaines en crise les programmes financés
au titre de linitiative communautaire URBAN. Même sils
ne seront achevés quen 2001, les premiers résultats
se sont fait déjà sentir.
En France, ce sont 13 sites qui ont profité
du programme européen et les actions entreprises ont permis
une nette amélioration de la qualité de vie. En attendant
un bilan exhaustif des projets mis en uvre, un nouveau programme
a démarré.
Avec Urban II, ce sont cette fois 9 villes
qui vont faire lobjet dactions innovantes susceptibles
dêtre ensuite diffusées et reprises dans le cadre
dautres dispositifs.
URBAN, quest-ce que cest ?
Aider les quartiers urbains défavorisés,
tel est lobjectif général de linitiative
communautaire européenne URBAN mais dans un cadre précis.
Le programme préconise, en effet, une approche intégrée
des problèmes économiques, sociaux et environnementaux.
Ceci implique une série dinterventions combinant par
exemple la rénovation dinfrastructures vétustes
avec des actions en faveur de lactivité économique
et de lemploi, des mesures de lutte contre lexclusion
ou de valorisation de lenvironnement. La stratégie
des PIC URBAN par ailleurs est de susciter ou de soutenir des programmes
innovants qui pourront être repris tel quels ou adaptés.
Avec URBAN II, ce caractère novateur a encore été
renforcé.
A léchelle européenne, 118 programmes ont été
jusquici financés pour un coût de 12 milliards
de francs dont la moitié environ de fonds communautaires.
3,2 millions de personnes ont été concernées.
Selon les pays, le nombre de sites varie. En France, 13 zones urbaines
ont été approuvées par la Commission européenne
dans le cadre du premier programme et 9 villes devraient prochainement
être validées à loccasion dURBAN
II (2001-2006).
Le budget communautaire pour cette nouvelle opération sélève
à 700 millions deuros (4,6 milliards de francs) au
total et à 96 millions deuros (630 millions de francs)
pour la France, où la nouvelle génération de
programmes mobilisera au total 290 millions deuros (1,9 milliards
de francs). Le financement communautaire maximal est de 75% du coût
total pour les régions en retard de développement
et 50% dans les autres.
Comment ça marche ?
La Commission Européenne fixe les orientations
générales. Cest elle qui définit les
critères de sélection. Elle détermine le nombre
de zones urbaines et répartit les montants entre les Etats
membres. Chaque Etat membre, de son côté, choisit ses
sites et soumet ensuite chaque programme à la Commission.
Les pays gèrent leurs projets.
En France, le fonctionnement du programme est assuré par
la DIV et la DATAR. « Nous sommes linterlocuteur
officiel de la Commission Européenne avec la DATAR explique
Gilles Garcia, chargé de mission à la DIV. Nous faisons
lintermédiaire et soutenons les sites dans leur candidature.
Nous les incitons aussi à avoir un contact direct avec la
Commission. Nous essayons également de favoriser
le lien entre les différents sites ».
Les critères de sélection
Entre les programmes URBAN de la première génération
et de la deuxième, les critères nont pas beaucoup
varié. Au niveau européen, la zone urbaine concernée
doit présenter une problématique homogène dans
une zone cohérente géographiquement. La population
doit sélever au moins à 20 000 habitants
(pouvant descendre à 10 000 exceptionnellement) Ces
zones doivent remplir au moins trois conditions sur les 9 mentionnées
par la Commission : un fort taux de chômage de longue durée,
un nombre élevé dimmigrés, de minorités
ethniques ou de réfugiés, un taux de pauvreté
et dexclusion important, etc.
Au niveau local, les Etats membres peuvent ajouter des critères
qui leur sont propres. « Ainsi, explique Gilles Garcia,
avec la DATAR on a voulu ne solliciter que les communes ou groupement
de communes impliquées dans un grand projet de ville (GPV)
ou une opération de renouvellement urbain (ORU). Car le programme
URBAN, ce nest pas seulement des fonds mais la possibilité
de faire quelque chose de plus, de nouveau. » Après
un appel à candidature effectué auprès des
préfets de région le 26 juin 2000, 80 villes ont été
sollicitées et 34 ont répondu.
Une première sélection de 13 sites a été
le fait dun comité dirigé conjointement par
la DIV et la DATAR et composé du ministère de lEquipement
(DGUHC), de laménagement du territoire et de lenvironnement,
de lUnion nationale des fédérations dOffices
dHLM, de la Caisse des dépôts et consignations.
Au final, les 9 sites ont été choisis par les deux
ministres concernés. « Ce qui a été
valorisé, souligne Gilles Garcia, cest la préexistence
dune équipe solide, de sites déjà prêts
à fonctionner pour la bonne raison que les programmes sont
contraignants, demandant une grande rigueur au niveau
de la gestion et du calendrier ».
URBAN I - Un bilan positif
Amiens, Aulnay-sous-Bois, Bastia, Chalon-sur-Saône,
Clichy Montfermeil, lEst lyonnais, Mantes-la-Jolie, Marseille,
Mulhouse, Les Mureaux, Roubaix-Tourcoing, Saint Etienne, Valenciennes
sont les 13 sites qui ont profité du programme URBAN (1994-1999).
Le budget des projets sest élevé globalement
à 1 430 millions de francs dont 540 apportés
par les fonds structurels européens (FEDER et FSE). Les premiers
résultats dans ces zones sont significatifs. Un succès
que lon doit entre autre à la participation des habitants
à la mise en uvre des projets ainsi quà
la constitution de partenariats locaux inscrits dans la durée.
A Clichy-sous-Bois/ Montfermeil, on se félicite ainsi de
leffet structurant du PIC URBAN sur la toute récente
communauté dagglomération née en 2001.
« Les deux villes, explique Marie-Anne Galazka - chargée
des questions demploi et de formation - ont appris à
travailler ensemble. De bonnes bases ont été posées
et une solide équipe de cadres a été mise en
place. » Sur ce site inscrit en GPV, il sagissait
de stimuler limplantation dactivités nouvelles
dans les quartiers en sappuyant sur la Zone franche et la
communauté de communes créée pour loccasion
en 1997. Parmi les projets innovants, signalons la réhabilitation
du Château de la Terrasse, destiné à devenir
un restaurant dinsertion, un lieu de formation mais aussi
de rencontre, déchanges pour les entreprises, de prestations
culturelles. Les travaux ne sont pas encore achevés.
Mentionnons en revanche la création du Service emploi
communautaire qui a connu depuis son ouverture un grand succès.
1300 dossiers y ont été ouverts. Dans les deux agglomérations,
il ny a pas, en effet de bureau dANPE. Le Service accueille
en outre les bénéficiaires du RMI, les organismes
de formation, les créateurs dentreprises porteurs de
projets qui trouvent là des conseils. Dans ce cadre là,
des actions expérimentales ont également été
mises en place avec le service public de lemploi, notamment
une aide aux femmes ayant des problèmes linguistiques et
cherchant à travailler dans des emplois de
proximité.
URBAN II - laccent sur linnovation
Si la Commission de Bruxelles a donné son accord
de principe sur le choix des sites français, il reste encore
à finaliser les programmes. Cela devrait être fait
dici la rentrée. Sur ces 9 sites, 4 sont des récidivistes.
Cest le cas de Clichy/Montfermeil, Mantes-la-Jolie/Mantes-la-Ville,
Les Mureaux et Bastia. Les nouveaux sont Grigny/Viry-Châtillon,
Grenoble, Strasbourg, Bordeaux/Cenon/Floirac, Le Havre.
Laccent pour cette nouvelle génération des
PIC URBAN a été mis sur linnovation comme par
exemple le développement des nouvelles technologies qui fait
partie des thèmes prioritaires de la Commission. Ainsi Bordeaux
a prévu dans son programme de favoriser laccès
aux NTIC, tout comme Clichy/Montfermeil, Grenoble. Bastia, de son
côté, présente un projet original de réhabilitation
du centre historique favorisant à la fois le développement
économique et linsertion. Un parcours dinsertion
sera mis en place avec laide notamment des
Monuments historiques.
Comment participer ?
Quand ces programmes seront approuvés par la Commission
européenne, que leur contenu sera parfaitement défini,
tout porteur de projet dans les 9 sites concernés (collectivités
locales, entreprise, association) pourra proposer son dossier. « Des
appels à projet pourraient être lancés sur certains
thèmes » précise Gilles Garcia. Pour connaître
les modalités de sélection, on peut sadresser
aux Préfectures de région (Secrétariat
général pour les affaires régionales).
Les programmes en Europe, quel bilan ?
« Une des exigences de la Commission européenne,
rappelle le chargé de mission de la DIV est que soit mis
en place un réseau des sites URBAN. » Il reconnaît,
cependant, que cela a été fait de façon encore
timide. Des échanges transnationaux ont eu lieu pourtant
entre certains sites mais de façon ponctuelle et à
linitiative des uns et des autres.
Et si la commission a collecté un certain nombre dinformations
permettant dobtenir un résumé du travail effectué
sur chaque site, aucun bilan critique na été
effectué. Il est difficile dans ces conditions de comparer
les résultats dun pays à lautre.
En ce qui concerne la France, en revanche, des séminaires
réguliers rassemblant les représentants des sites
ont été organisés, permettant aux acteurs de
terrain de partager leurs expériences, leurs questionnements
et leurs réponses. La DIV va publier prochainement un document
qui fera le bilan des programmes de la première génération.

© DIV - 20 juin 2001
Rédaction : Marion Desjardins
Photo : Engel/Urba Images
|