
Ce que l'on appelle aujourd'hui la "Politique de la Ville" a démarré il y a plus de 20 ans par la prise de conscience des responsables politiques nationaux consécutivement à ce que l'on a alors appelé les deux "étés chauds des Minguettes". Depuis lors, notre agglomération a été marquée à plusieurs reprises par des phénomènes plus ou moins violents ayant fait l'objet d'un grand retentissement médiatique : émeutes au Mas du Taureau en 1990 à Vaulx-en-Velin suite à la mort de Thomas Claudio, incidents multiples en 1994, au moment de l'arrestation de Khaled Kelkal impliqué dans des affaires de terrorisme, événements de La Duchère en Décembre 1998 consécutivement à la mort d'un jeune délinquant dans un commissariat.
Ces moments de crise sont souvent les seuls à être médiatisés et, par extension, ils induisent une vision partielle et dramatique de la situation des quartiers dits "sensibles". La réalité est plus complexe et nuancée. Elle nous montre qu'un certain nombre de quartiers concentrent la majeure partie de la population pauvre dans l'agglomération, ces quartiers étant principalement des grands ensembles HLM, mais aussi quelques secteurs de centre ancien (1er, 3ème, 7ème) et quelques copropriétés. Cette juxtaposition de quartiers pauvres, où le manque d'emploi est manifeste, dans une agglomération globalement dynamique produit des contrastes aptes à raviver, si l'on n'y prend garde, les tensions et les incompréhensions.