
L’individualisme et l’autonomie, ces conquêtes de l’homme moderne ont déjà une très longue histoire, d'où provient la variété des goûts, des expressions culturelles et des sensibilités contemporaines. Encore faut-il décrire les formes actuelles de l’individualisme.
S'il conduit à concevoir les relations à l’autre "à partir de moi", les expressions communautaristes qui fleurissent ici et là ne relèvent-elles pas d'un "individualisme de groupe" ?
Simultanément, notre société des individus est aussi celle de tous les engagements et de toutes les prises de responsabilité. Les ONG et de nombreux acteurs institutionnels, sociaux et culturels esquissent des méthodes pour construire l'intérêt général dans la société des individus. Parallèlement, de nombreuses conquêtes (droit de l’homme, égalité des sexes, accès croissant aux médias, aux voyages, à l’éducation, à la culture…) rattachent chacun d’entre-nous à de multiples systèmes de valeurs, qui sont autant de fondements collectifs de notre société du libre arbitre généralisé.
Peut-on mieux comprendre, et faut-il conforter les ressources mobilisées par les individus pour agir sur la société ?
Enfin, on ne saurait ignorer les contraintes d'organisation qui pèsent sur tous : le dynamisme des collectifs comme les tendances au repli et le progrès de l’indifférence marquent l'hésitation entre l'espoir et le découragement face aux défis sociétaux d'aujourd'hui. La crise de la conception surplombante de l’intérêt général suffit-elle à justifier l'idée d’un "bien commun" qui serait construit par la base, par le jeu des confrontations ?
Entre individualisme et collectifs, comment l’acteur public peut-il concevoir le tissage du collectif aujourd’hui ?
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