

Le 16 novembre 2001, le Conseil de développement propose un avis sur le projet de Plan de mandat qui sera adopté par le Conseil de communauté le 26 novembre 2001.
Synthèse des contributions des cinq groupes de travail.
Le Conseil de développement apprécie la volonté de transparence qui ressort de cette demande d'avis sur le projet de plan de mandat et souhaite que le Conseil de développement reste en veille sur ces problèmes complexes et continue à être associé aux réflexions sur le développement de l'agglomération.
Le Conseil de développement souhaite tout d'abord faire deux remarques transversales :
· Faire de l'Agenda 21 une véritable priorité transversale du Plan de MandatDans les précédents travaux du Conseil de Développement, le développement durable était présenté comme un fondement. Cela n'apparaît pas assez clairement dans le Plan de Mandat, malgré les quelques paragraphes de l'introduction générale. L'Agenda 21 ne doit pas être situé dans le volet Environnement. Il faut réunir les préoccupations environnementales, sociales (économie solidaire) et l'économie.
· Développer un projet culturel d'agglomération, fondement d'une politique de développement global de la Communauté urbainePourquoi ne pas créer une spécificité lyonnaise en rajoutant une autre dimension au développement durable qui serait la culture ?
Parler du patrimoine architectural et culturel. (Ex : La Halle Tony Garnier).
Au-delà de la question du transfert des compétences et du financement des équipements culturels, le Grand Lyon doit faire émerger un projet culturel d'agglomération. Celui-ci permettrait d'articuler entre eux les différents champs culturels, les différents territoires de l'agglomération, mais aussi le champ culturel avec toutes les composantes du développement urbain : société, économie, urbanisme.
Un projet de territoire ne peut pas se concevoir sans s'appuyer sur l'élément identifiant et unificateur qu'est le culturel. C'est bien en élaborant un projet culturel d'agglomération que l'on précisera la valeur ajoutée que peut apporter le Grand Lyon en matière de politique culturelle.
Volet développement économique
1. Relier davantage l'ambition de développement et d'internationalisation de la métropole au socle de l'économie lyonnaise
Même si le grand Lyon ambitionne légitimement de jouer un rôle moteur sur un nombre limité de secteurs à enjeux, il faut :
- mettre en évidence que ces secteurs restent reliés au socle des activités, qu'elles soient traditionnelles ou émergentes : chimie, mécanique, logistique, environnement, etc.
- réaffirmer la volonté d'accompagner à long terme le développement et la mutation de ces activités dans une posture de partenaire : enjeux d'innovation, de formation professionnelle, de grandes écoles, de centres de recherche d'excellence,
- engager une réflexion globale sur la relation ville-industrie, en particulier par rapport à la chimie,
- citer les opérations sur lesquelles le Grand Lyon s'engage, comme l'implantation de l'IFP, et qui montrent l'ambition maintenue sur ces activités.
Aussi bien sur le développement économique que sur les autres volets du Plan de Mandat la notion de socle est à développer : sur quoi se fonde-t-on pour concrétiser les ambitions ? C'est aussi en travaillant sur cette notion de socle que pourra être évité l'effet de " liste".
2. Affirmer une ambition plus forte en matière d'entrepreneuriat et d'innovation.Ceci passe par un travail sur la culture des personnes, donc par l'éducation et la formation.
Afficher la volonté d'amplifier la démarche technopolitaine.
Préciser la vision territoriale du développement économique : place de l'ouest lyonnais, organisation de l'aire métropolitaine, ancrage régional de la métropole, enjeu de l'axe lotharingien.
Volet Environnement
3. Importance de l'Agenda 21 : cf. rappel ci-dessus
4. Mettre en place une politique d'appels à idées et de concours pour atteindre la " Haute Qualité Environnementale "Dans les domaines de l'urbanisme, de l'architecture et de l'habitat, il s'agit de lancer des appels à idées et des concours pour mobiliser les promoteurs, à l'image de ce que font les villes suédoises.
Il s'agit de mobiliser concrètement les professionnels de l'immobilier en donnant une visibilité à leurs réalisations. Cette visibilité est nécessaire pour aider les habitants à formuler leurs exigences, et donc favoriser une diffusion des pratiques professionnelles. L'agglomération aurait également tout à gagner en terme d'image à des opérations de ce type.
Pourquoi ne pas s'engager sur cette voie sur le Confluent, où les terrains pollués ne manquent pas ?
Volet déplacements
5. Accroître l'ambition affichée
Le projet de plan de mandat comporte de nombreux éléments positifs. Mais leur présentation, qui mélange les échelles, les niveaux de projets et de problématiques n'exprime pas d'ambition forte. Dans la continuité du précédent PDU, il faut affirmer la volonté de réduire la place accordée à la voiture sur le long terme. (meilleure répartition entre les différents modes de déplacements).
Il importe aussi d'insister sur les comportements : sécurité routière, civilité au volant.
6. Faire un PDU tourné vers l'aire urbaine et qui s'appuie sur le précédentLe précédent PDU affichait des objectifs ambitieux, qu'il faut maintenir. Il a conduit à la réalisation de documents de référence remarquables (notamment les plans de secteurs), qu'il faut diffuser et sur lesquels il faut s'appuyer.
En revanche, le nouveau PDU doit clairement se situer, également, à l'échelle de l'aire urbaine.
En liaison avec les débats organisés par l'Etat sur les voiries nationales, le Grand Lyon devrait organiser des débats publics sur les déplacements à l'échelle de l'agglomération, en prenant garde que les participants situent leur problématique spécifique dans celle, plus globale, de l'ensemble du système de déplacements (lutter contre le syndrome NIMBY).
Volet Aménagement urbain
7. Lancer des travaux de composition urbaine à l'échelle de l'agglomération
Ces travaux devraient prendre en compte la dimension paysagère, architecturale, ainsi que les espaces publics. Quelques gestes architecturaux forts (il en faut) ne suffisent pas à constituer une trame urbaine de qualité. C'est d'ailleurs bien la cohérence d'ensemble de son urbanisation qui a valu à Lyon d'être labellisé par l'Unesco.
L'agglomération lyonnaise doit se préoccuper de la qualité urbaine qui sera léguée à nos descendants. Ceci implique une approche des différents territoires basée sur la diversité et sur la qualité des signaux forts et variés.
8. Affirmer le rôle stratégique de la première couronne EstSituée sur l'axe naturel de développement de l'agglomération, mais concentrant les problèmes sociaux et les dysfonctionnement urbains les plus graves, le renouvellement urbain de la première couronne Est doit être clairement affichée comme une priorité du mandat.
Volet Relations avec l'usager et le citoyen
9. Passer de la concertation à la participation
La concertation sur les projets est une nécessité. Mais, trop fréquemment pratiquée en fin de processus, elle frustre souvent les usagers et les citoyens qui se sentent floués et déçoit les maîtres d'ouvrages qui regrettent la faible présence des citoyens et la mauvaise qualité de l'expression.
C'est en développant la participation des citoyens beaucoup plus à l'amont des projets que cette problématique pourra être dépassée. La future révision du POS pourrait être l'occasion pour le Grand Lyon de s'essayer à une démarche exemplaire de ce point de vue.
Cette évolution implique aussi :
- de dépasser la notion d'usager (satisfait ou non du service rendu) pour mettre en avant celle de citoyen (qui a des devoirs).
- de réussir la " révolution " de la proximité. Car c'est à travers des relations concrètes et quotidiennes que peuvent se nouer les fils de la participation.
10. Préciser notre approche de la subsidiaritéAfin d'éviter les conflits sur la proximité avec les communes, il faut répondre aux questions :
- qui est responsable de quoi ?
- comment le citoyen-usager peut-il s'y retrouver ? (lisibilité, visibilité des politiques publiques) .